Le vin bio

Le respect de l’environnement, c’est un état d’esprit, une philosophie, mais c’est surtout une charte que les vignerons doivent respecter rigoureusement pour obtenir la certification bio.

« Bio » vient de « biologique ». Il s’agit d’un mode de culture : les raisins sont cultivés selon les principes de l’agriculture biologique. Dans les vignes, d’accord, mais dans la cave aussi ? Eh oui, depuis 2012, le cahier des charges réglemente aussi bien ce qu’il se passe dans les vignes que dans les chais (où a lieu la vinification : le processus de transformation du raisin en alcool).

Si vous êtes à la recherche d’un domaine travaillant selon des principes de protection de l’environnement et des pratiques écoresponsables, vous allez logiquement regarder si la contre-étiquette présente un logo allant dans ce sens. Problème : c’est confus. Il existe une multitude de labels certifiant une viticulture « propre » (c’est un bien grand mot, et vous allez voir pourquoi). Pour en citer quelques-uns : HVE (Haute Valeur Environnementale, classée selon des échelons), Biodyvin, Demeter, Ecocert… qu’on peut même cumuler. On aura d’ailleurs l’occasion de s’y intéresser de plus près lors de prochaines thématiques.

Mais revenons à ce label bio. On l’obtient comment ? Il y a une série de pratiques interdites ou limitées dont il faut se défaire pour respecter le cahier des charges et entamer sa conversion. Il faut trois ans à un domaine pour passer d’un mode de culture conventionnel à bio. En bio, sont interdits dans les vignes les pesticides, fongicides, herbicides, insecticides et engrais chimiques de synthèse d’origine industrielle (ainsi que les OGM).

Durant la vinification, il faut respecter un seuil maximum de sulfites pour être labellisé bio, selon la réglementation européenne. Le petit logo vert est le gage d’une démarche écoresponsable du viticulteur ou de la viticultrice.

Mais est-ce bien suffisant ? Des professionnels alertent, non pas sur ce que le label bio interdit, mais sur ce qu’il autorise. Le label bio ne limite pas la mécanisation dans les vignes (utilisation de machines agricoles pour accomplir une tâche auparavant réalisée manuellement), ce qui cause un tassement des sols ; pourtant, elle est nécessaire car le vigneron dont le domaine est désormais bio doit passer deux fois plus souvent dans ses vignes pour désherber. Le label n’interdit pas non plus l’utilisation de métaux lourds comme le cuivre, autorise certains insecticides (par exemple pour lutter contre la flavescence dorée, une maladie causée par la bactérie Candidatus Phytoplasma vitis) et ne favorise pas l’utilisation de matériaux durables.

En bref, le vin bio est produit sans produits chimiques de synthèse (et c’est déjà très bien) et avec un taux limité de sulfites (parfois responsables de maux de tête).

Mais passer en agriculture biologique, ça coûte cher. Les coûts de production sont plus élevés et les rendements plus faibles. Comme on l’a dit, un délai de trois ans de conversion impose plus de travail dans les vignes sans pouvoir mentionner la certification sur la contre-étiquette. À cela s’ajoute le fait que, pour arborer fièrement le fruit de son travail et la défense de ses valeurs à travers le petit logo vert, il faut payer une cotisation annuelle. Et pourtant, malgré les restrictions et les difficultés que tout cela implique, en France, près de 160 000 hectares de vignes sont certifiés bio ou en cours de conversion, soit 20 % du vignoble.

On observe depuis des années le souhait du consommateur de consommer plus éthique, plus responsable et dans une démarche en faveur de l’environnement, et le vin bio s’inscrit pleinement dans cette logique. Et même si le logo bio garantit les pratiques écoresponsables que nous avons évoquées, son absence ne les invalide pas : bon nombre de domaines travaillent selon l’agriculture biologique sans en arborer le logo (qui est payant). Pour dénicher ces domaines, foncez chez votre caviste préféré, qui saura vous aiguiller vers ces cuvées bio mais incognito.

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